Ciné CLEP : Talons aiguilles

Vendredi 10 décembre à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille – Salle Michèle Le Chatelier

Entrée Gratuite

Séance animée par Jean-Christophe Tolg 

TALONS AIGUILLES (Tacones lejanos), 1991, présenté en version originale sous-titrée en français

Réalisateur

Pedro Almodóvar

Acteurs

Victoria Abril, Paredes Marisa, Féodor Atkine, Miguel Bosé, Díez Pedro

Synopsis

A Madrid, les retrouvailles passionnées, après quinze ans d’absence, d’une mère, ex-star des années 60, et de sa fille, célèbre journaliste de télévision.

Critique

Après des années de séparation, une fille retrouve sa mère, célèbre chanteuse des années 1960, partie chercher la gloire au Mexique. Leurs relations passionnées et le retour de la diva sur la scène madrilène sont compliqués par le meurtre d’un homme aimé successivement par les deux femmes…

Comme Tout sur ma mère, une petite décennie après, ce film a marqué en son temps un cap dans l’oeuvre et la carrière d’Almodóvar : maîtrise du récit, équilibre entre l’humour et le mélodrame, engouement d’un très vaste public. Et dans les deux cas, il est d’abord question de maman.

En espagnol, talons aiguilles se dit « talons éloignés », ce qui permet un jeu de mots intraduisible : les talons éloignés sont ceux de la mère intermittente (Marisa Paredes), dont la fille (Victoria Abril) s’est toujours sentie privée, au point de rester une femme-enfant, incomplète et démunie. Leurs relations inextricables, crime passionnel compris, donnent, de très loin, le meilleur du film, tant pour la drôlerie que pour l’émotion. Mais Almodóvar n’osait pas encore, à l’époque, s’y consacrer entièrement : l’enquête policière et ses trompe-l’œil attendus font régulièrement écran entre le cinéaste et son sujet. Un demi-chef-œuvre, en quelque sorte. (Télérama)




Ciné CLEP : LA MAISON DE LA RADIO

Vendredi 19 novembre à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille – Salle Michèle Le Chatelier

Entrée Gratuite

Séance animée par Catherine Raucy

Synopsis

Voyage au coeur de la Maison de la Radio. Dans l’ambiance feutrée des studios d’enregistrement, les journalistes et leurs invités s’agitent tour à tour.

Critique

Un documentariste à Radio France. Pas un reporter. Ça fait une différence. Cette visite n’est pas guidée par les interrogations qui vont de soi (qui fait quoi, qui tient le gouvernail…), mais par une curiosité personnelle, étonnante. Déroutante, même, car on guettera souvent en vain les coulisses de nos émissions préférées. Nicolas Philibert ne se préoccupe pas de la grille des programmes, il la franchit. Il entre dans les studios en auditeur libre.

Le réalisateur saisit des moments surprenants. Par exemple, les expressions muettes d’une jeune femme écrivain que reçoit Alain Veinstein. Il la présente, et elle, suspendue à ses mots à lui, reste au bord de la parole. Ce que Philibert explore pourrait s’appeler « réalité modifiée par la présence d’un micro ». Plutôt qu’une profession, on voit ici des déformations professionnelles : comment le métier de la radio est passé dans le corps de ceux qui le font. Philibert a rencontré des gens qui continuent à être un peu cachés derrière leurs micros. On sent qu’il a aimé ce mélange de pudeur et d’expressivité : l’invisibilité de ceux qu’on écoute sans les voir, il nous la fait comprendre tout en les rendant visibles. Car la caméra qu’il braque sur eux est douce, sensible et raconte à l’unisson ce monde à part. — Frédéric Strauss (Télérama)




Ciné Clep : L’argent de poche

Vendredi 8 octobre à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille – Salle Michèle Le Chatelier

Entrée Gratuite

En lien avec la rencontre littéraire du samedi 16 octobre

Séance animée par Catherine Raucy

Réalisateur

François TRUFFAUT (1975)

Acteurs

Philippe Goldmann, Bruno Staab, Jean-François Stévenin, Chantal Mercier

Synopsis

A Thiers, dans le Puy-de-Dôme. Des enfants vivent la fin de l’année scolaire. Les petits événements du quotidien font que leurs vies s’entremêlent, croisant également celles des instituteurs, mademoiselle Petit et monsieur Rochet. En classe, Bruno, forte tête, refuse de lire à haute voix avec les intonations requises. L’un de ses camarades, Patrick, n’a pas appris sa récitation. Il a, comme souvent, l’esprit ailleurs. Son caractère rêveur et romantique ainsi que la cruelle absence de sa mère ont fini par le rendre particulièrement sensible au charme de madame Riffle, la maman de son ami Laurent…

Critique

Thiers, la classe de Mme Petit. Patrick est amoureux de la mère de son copain. Julien habite un meublé avec une mère et une grand-mère acariâtres. Autour d’eux leurs copains vivent de petites aventures…

Après L’Histoire d’Adèle H., Truffaut tourne un film opposé : une collection de vignettes, petites saynètes sur des enfants ordinaires, joués par des non-professionnels. Le scénario échappe à la mièvrerie. Car Truffaut aime et respecte ses petits héros : ce qu’ils vivent a autant d’importance que ce que pourraient vivre des adultes, l’innocence en plus. Si le film est léger, il y a, au fond, une relative gravité. Cousin du jeune Antoine Doinel, Julien fait partie de ces gamins à qui on vole le meilleur d’eux-mêmes, leur enfance. Une fois de plus, Truffaut a mis dans cette œuvre mineure, mais très attachante, ses propres repères autobiographiques. (Aurélien Ferenzi – Télérama)




Ciné CLEP : L’espion qui venait du froid

Vendredi 24 septembre à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille – Compiègne

Salle Michèle Lechatelier

Entrée libre et gratuite

Séance animée par Didier Clatot

Réalisateur

Martin RITT (1965)

Avec Richard BURTON, Claire BLOOM, Oskar Werner

Synopsis

En pleine guerre froide, l’agent secret britannique Alec Leamas est envoyé en Allemagne de l’Est. Pour passer le rideau de fer en toute discrétion, l’espion feint d’avoir été renvoyé par l’Intelligence Service. Se présentant comme un alcoolique dépressif, il parvient à se faire embaucher dans une bibliothèque. Là, il fait la connaissance d’une jeune communiste, Nancy Perry. Après un séjour en prison, il est contacté par un agent des services est-allemands. Sa mission consiste à poser une souricière afin de confondre un certain Mundt, haut gradé de l’espionnage est-allemand, en apportant des preuves de sa trahison à Fiedler, son adjoint. De Hollande, Leamas parvient à passer à l’Est, où Fiedler le fait arrêter pour témoigner au procès de Mundt. Nancy Perry est aussi appelée à la barre, où elle détruit les arguments de Leamas et Fiedler…

Critique

En pleine guerre froide, l’agent secret britannique Alec Leamas est envoyé en Allemagne de l’Est, où il se présente comme un alcoolique dépressif, viré par l’Intelligence Service… Admirablement interprété par Richard Burton, Leamas est un homme et non pas une mécanique parfaitement maîtrisée. Ce qui visiblement fascine Martin Ritt dans cette adaptation d’un roman de John le Carré, c’est la logique perverse des services de renseignements. Tout dans l’image dit l’enfermement, l’absence d’issue. Prisonniers de leurs désirs, de leur désespoir, les personnages sont les jouets d’instances supérieures qui les manipulent. (Michèle Gazier Télérama)




CINÉ-CLEP : LE CINÉ-CLUB

Programmation saison 2021 – 2022

Séance de cinéma avec présentation, discussion et analyse filmique

Les séances se tiennent Bibliothèque Saint Corneille, salle Michèle Le Chatelier

Compiègne

Entrée gratuite

Vendredi 24 septembre 2021 à 20h15

L’ESPION QUI VENAIT DU FROID

(The Spy who came from the cold)

Martin Ritt, 1965, 1h52, noir et blanc, Royaume-Uni, espionnage, thriller

Avec Richard Burton, Claire Bloom, Oskar Werner

Guerre froide. Un agent feint de se retirer pour passer le rideau de fer

Vendredi 8 octobre 2021 à 20h15

L’ARGENT DE POCHE

François Truffaut, 1975, 1h45, couleur, France, VF, comédie dramatique

Avec Philippe Goldmann, Bruno Staab, Jean-François Stévenin, Chantal Mercier

Dans un petit village, les enfants attendent la fin de l’année scolaire et les vacances

Vendredi 19 novembre 2021 à 20h15

LA MAISON DE LA RADIO

Nicolas Philibert, 2013, 1h43, couleur, France, Japon, VF, documentaire

Une plongée au cœur de Radio France, à la découverte du mystère des coulisses

Vendredi 10 décembre à 20h15

TALONS AIGUILLES (Tacones lejanos)

Pedro Almodóvar, 1991, 1h53, couleur, Espagne/France, VOSTF, comédie dramatique

Avec Victoria Abril, Marisa Paredes, Miguel Bosé

Une ex-star de la chanson retrouve sa fille mariée à son ancien amant

Vendredi 15 janvier à 20h15

BABY CART : LE SABRE DE LA VENGEANCE

(子連れ狼 子を貸し腕貸しつかまつる)

Kenji Misumi, 1972, 1h23, couleur, Japon, VOSTF, aventure, chanbara (film de sabre)

Avec Tomisaburō Wakayama, Akihiro Tomikawa

Accompagné de son fils et d’un landau [], un ex-bourreau devient un redoutable tueur à gages

Vendredi 12 février à 20h15

VALSE AVEC BACHIR (ואלס עם באשיר)

Ari Folman, 2008, 1h37, couleur, Israël, France, Allemagnei, VOSTF, documentaire, animation

Un homme est en proie à des cauchemars récurrents

Vendredi 12 mars à 20h15

PERFETTI SCONOSCIUTI

Paolo Genovese, 2016, 1h37, couleur, Italie, VOSTF, comédie dramatique

Avec Giuseppe Battiston, Anna Foglietta, Edoardo Leo

Un dîner est perturbé par l’intrusion des téléphones portables des invités

Vendredi 15 avril à 20h15

LE LABYRINTHE DE PAN (El Laberinto del fauno)

Guillermo del Toro, 2006, 1h52, couleur, Espagne, Mexique, VOSTF, fantastique, conte allégorique

Avec Ivana Baquero, Doug Jones, Sergi López

Espagne, 1944. Une jeune fille découvre un royaume magique dont elle se révèle être la princesse

Vendredi 13 mai à 20h15

IMMEMORY (CD-Rom interactif)

Chris Marker, 1998, couleur, France, documentaire

LA JETÉE (court-métrage)

Chris Marker, 1962, 28 min, noir et blanc, France, science-fiction

Avec Hélène Chatelain, Davos Hanich, Jacques Ledoux

Après la 3ème Guerre mondiale, un cobaye est choisi pour voyager dans le temps

Vendredi 17 juin à 20h15

NI VU NI CONNU

Yves Robert, 1958, 1h35, noir et blanc, France, VF, comédie

Avec Louis de Funès, Moustache, Claude Rich

La rivalité d’un braconnier facétieux et d’un garde-champêtre dépourvu d’humour




Ciné CLEP : La vie des autres

Vendredi 9 octobre 2020 à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille

Compiègne

Entrée gratuite

Réalisateur :

Forian Henckel Von Donnersmark (2006)

Acteurs

Ulrich Mühe Gerd Wiesler
Sebastian Koch Georg Dreyman
Martina Gedeck Christa-Maria Sieland
Ulrich Tukur Anton Grubitz
Thomas Thieme Bruno Hempf
Thomas Arnold Nowack
Hans-Uwe Bauer Paul Hauser
Ludwig Blochberger Benedikt Lehmann

Synopsis

A Berlin-Est, au début des années 80. La Stasi surveille de près les activités des intellectuels, soupçonnés de critiquer le régime d’Erich Honecker. Georg Dreyman, un dramaturge à succès, semble vierge de tout soupçon. Voilà qui interpelle Wiesler, un officier de la Stasi, qui obtient de le mettre sur écoute. L’initiative est encouragée par le ministre de la Culture, qui ferait bien sienne la compagne de Dreyman, l’actrice Christa-Maria Sieland, et espère ainsi éliminer facilement son rival. Au fil des jours, Wiesler se laisse séduire par ce couple d’intellectuels dont il écoute les moindres faits et gestes. Il change alors radicalement de méthode et se met à protéger Dreyman, au moment où celui-ci s’apprête à publier un article dans un journal de l’Ouest…

Critique

En faisant resurgir les heures sombres de la République démocratique allemande, ce premier film d’un jeune cinéaste allemand a créé un phénomène international. Nous voici à Berlin, en 1984, dans un bureau de la Stasi, la police politique de la RDA. Gerd Wiesler est l’instrument parfait du régime, il enseigne les méthodes qui permettent d’arracher à un être humain tout ce qu’il cache. Mais cette machine inhumaine peut se dérégler, dès lors qu’interfèrent désirs et sentiments.

Habile conteur, le réalisateur donne toute la saveur du revirement de Wiesler, touché par l’amour et l’art. Le film est une partie d’échecs entre volonté de pouvoir et envie de possession privée, entre loi et transgression. La justesse de la reconstitution crée une atmosphère glaçante, qui gagne peu à peu une dimension de fable universelle sur le totalitarisme.

Frédéric Strauss (Télérama)




Ciné CLEP : Les trois lanciers du Bengale

Vendredi 25 septembre 2020 à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille

Compiègne

Entrée gratuite

Réalisateur

Henry Hathaway

Acteurs

Gary Cooper : le lieutenant Alan McGregor

Franchon Tone : le lieutenant John Forsythe

Richard Cromwell : le lieutenant Donald Stone

Synopsis

Le quarante et unième régiment de lanciers du Bengale est basé à la frontière nord-ouest des Indes britanniques. Il est affecté à la protection de ce territoire que convoite un puissant et sanguinaire rebelle bengali, Muhammed Khan. Là, le lieutenant Alan McGregor, un militaire d’expérience mais au caractère insurbordonné, est rejoint par deux autres officiers, les lieutenants Forsythe et Stone. Le premier, un homme arrogant, l’autre, un jeune soldat sans expérience, mais qui est le fils du colonel en charge du commandement du régiment. Sous la menace pressante des rebelles, les trois nouveaux amis doivent faire honneur à leur bannière…




Ciné CLEP : la programmation de la saison 2020 – 2021

CINÉ-CLEP : LE CINÉ-CLUB

Séance de cinéma avec présentation, discussion et analyse filmique

Bibliothèque Saint Corneille

Compiègne

Entrée gratuite

Vendredi 25 septembre à 20h15

LES TROIS LANCIERS DU BENGALE (The Lives of a Bengal lancer)

Réalisateur : Henry Hathaway, 1935, 1h50, N&B, VOSTF, aventure, guerre
Avec Gary Cooper, Franchot Tone, Richard Cromwell
Un régiment britannique fait face à une révolte tribale

Séance présentée par Marie-Pierre Clément

Vendredi 09 octobre à 20h15

LA VIE DES AUTRES (Das Leben der Anderen)
Réalisateur : Florian Henckel von Donnersmarck, 2006, 2h17, coul. , VOSTF, drame
Avec Ulrich Mühe, Sebastian Kock, Martina Gedeck
Berlin-Est, 1984. Un dramaturge est étroitement surveillé par la Stasi

Séance présentée par Jean-Christophe Tolg

Vendredi 20 novembre à 20h15 

GHOST IN THE SHELL (攻殻機動隊)
Réalisateur : Manoru Oshii, 1995, 1h23, coul. , VOSTF, animation, science-fiction
Avec Akio Ōtsuka, Iemasa kayumi, Atsukio Tanaka
Dans un Japon futuriste, le major Motoko Kusunagi fait partie d’une cyber-police musclée

Séance présentée par Antoine Torrens

Vendredi 11 décembre à 20h15

LES QUATRE CENT COUPS
Réalisateur :François Truffaut, 1959, 1h33, France, N&B, VF, comédie dramatique
Avec Jean-Pierre Léaud, Claire Maunier, Albert Rémy
Antoine Doinel vit une adolescence turbulente. Son seul réconfort est son ami René

Séance présentée par Catherine Raucy

Vendredi 22 janvier à 20h15

Séance « FEEL GOOD MOVIE »

CHANTONS SOUS LA PLUIE (Singin’ in the rain)
Réalisateur :Stanley Donen & Gene Kelly, 1952, 1h30, coul. , États-Unis, VOSTF, comédie musicale
Avec Gene Kelly, Donald O’Connor, Debbie Reynolds
À Hollywood, un couple de cinéma est fragilisé par l’avènement du parlant

Séance présentée par Aurélie Hésèque

Vendredi 12 février à 20h15 

Séance « INTERACTIVITÉ »

IMMEMORY
Réalisateur : Chris Marker, 1998, film documentaire
Christian Bouche-Villeneuve, dit Chris Marker (1921-2012). Le cinéaste de La Jetée, Le fond de l’air
est rouge ou Sans soleil a conçu Immemory comme une oeuvre associant divers types d’images
reliées par le numérique

Séance présentée par Jessie Warlop

Vendredi 19 mars à 20h15 

Séance « CHANBARA »

BABY CART 1 : LE SABRE DE LA VENGEANCE (子連れ狼 子を貸し腕貸しつかまつる)
Réalisateur : Kenji Misumi, 1972, 1h23, coul. , Japon, VOSTF, aventure, film de sabre
Avec Tomisaburō Wakayama, Akihiro Tomikawa
Un bourreau déchu se transforme en mercenaire impitoyable

Séance présentée par Willy Le Guil

Vendredi 09 avril à 20h15 

FARGO
Réalisateurs : Joel & Ethan Coen, 1996, 1h37, coul. , États-Unis / Royaume-Uni, VOSTF, policier, drame
Avec William H. Macy, Frances McDormand, Steve Buscemi
Un vendeur de voitures fait enlever sa femme par deux petites frappes

Séance présentée par Catherine Raucy

Vendredi 21 mai à 20h15 

LE LABYRINTHE DE PAN (El laberinto del fauno)
Réalisateur : Guillermo del Toro, 2006, 1h52, coul. , Espagne / Mexique, VOSTF, fantastique
Avec Ivana Baquero, Doug Jones, Sergi López
Une jeune fille est désignée par un faune comme la princesse d’un monde souterrain

Séance présentée par Antoine Torrens

Vendredi 18 juin à 20h15 

TALONS AIGUILLES (Tacones lejanos)
Pedro Almodóvar, 1991, 1h53, coul. , Espagne / France, VOSTF, comédie dramatique, romance
Avec Victoria Abril, Marisa Paredes, Miguel Bosé
Une chanteuse rentre à Madrid. Elle y retrouve sa fille mariée à un de ses anciens amants

séance présentée par Jean-Christophe Tolg




Ciné CLEP : La Tête Haute

Vendredi 7 février 2020 à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille

Compiègne

Entrée gratuite

Réalisateur

Emmanuelle Bercot

Musique

Eric Neveux

Acteurs

Rod Paradot Malony Ferrandot
Catherine Deneuve Florence Blaque
Benoît Magimel Yann
Sara Forestier Séverine Ferrandot
Diane Rouxel Tess
Elisabeth Mazev Claudine
Anne Suarez la directrice du CEF
Christophe Meynet maître Robin
Martin Loizillon le procureur
Lucie Parchemal la greffière
Catherine Salée Gladys Vatier
Enzo Trouillet Malony à 6 ans

Synopsis

Complètement dépassée, la trop jeune Séverine laisse son fils Malony chez la juge pour enfants Florence Blaque. Les années passent et le jeune garçon est de plus en plus ingérable. La juge finit par le confier à Yann, un éducateur expérimenté. Il l’envoie dans un foyer, où le jeune homme tente de se sociabiliser. Au foyer, ses résultats scolaires sont médiocres. Les professeurs l’encouragent mais, perpétuellement en colère, il peut se révéler violent. Il fait une crise quand on lui refuse l’accès à une scolarité normale. Sa mère, régulièrement convoquée, n’en peut plus de se rendre au commissariat. S’il continue ainsi, le jeune délinquant ira probablement en prison…

Critique

Le héros a 6 ans au début, lors de sa première visite dans le bureau de la juge pour enfants. Il y reviendra souvent : Malony est mal né, orphelin de père, élevé par une mère immature et pauvre. Emmanuelle Bercot a déniché là un jeune acteur bouillonnant, Rod Paradot, dont les yeux fendus tantôt font peur, tantôt reflètent la peur. Sa seule présence installe et maintient la tension. Planqué sous cette capuche devenue le symbole planétaire d’un mal-être jeune, ou contraint de l’enlever, Malony garde, le plus souvent, la tête baissée. Comme le titre l’indique, le défi sera, pour ce fils incontrôlable, cet élève déscolarisé, ce danger en puissance, de pouvoir la relever un jour, cette tête, autrement qu’en proférant une insulte.

Entre un centre pour mineurs délinquants et des rechutes dans la violence, Emmanuelle Bercot souffle le chaud et le froid avec ce personnage dont tout le monde souhaite le salut, sauf lui-même. Mais le film est plus inspiré dans l’âpreté que dans l’optimisme. Le meilleur tient à la relation entretenue bon gré mal gré par l’adolescent avec « sa » juge (Catherine Deneuve, impressionnante). Elle le protège, le recadre, quitte à l’envoyer en prison. Cette figure d’autorité, qu’on retrouve au fil des ans derrière le même bureau, semble un repère inamovible dans la vie dérivante de Malony. D’où ce beau moment de vacillement tardif, où il prend conscience qu’elle ne sera pas toujours là et qu’elle s’occupe de bien d’autres cas que le sien…

Louis Guichard ‘(Télérama)




Ciné CLEP : Amarcord

Vendredi 17 janvier 2020 à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille

Compiègne

Entrée gratuite

Réalisateur

Federico Fellini

 (1974)

Musique

Nino Rota

Acteurs

Magali Noël Gradisca
Bruno Zanin Titta
Armando Brancia le père de Titta
Pupella Maggio la mère de Titta
Nando Orfei l’oncle de Titta
Ciccio Ingrassia l’oncle fou
Marie-AntoniettaBeluzzi la buraliste
Josiane Tanzilli Volpina

Synopsis

Corpole, dans l’Italie fasciste des années 30. Les «manines», une ouate légère qui se détache des peupliers, annoncent l’arrivée du printemps. Le 19 mars, les habitants célèbrent l’événement en brûlant tout ce qui leur tombe sous la main. La Volpina, une étrange mythomane, subit la rudesse des noceurs. La belle Gradisca s’exhibe en compagnie de ses soeurs. Titta, un collégien adepte de l’école buissonnière, doit rendre des comptes à son père. Elève déluré, il subit comme ses camarades les cours soporifiques ou ridicules d’un corps enseignant respectueux de la tradition. Farces et chahuts compensent l’ennui des heures de classe interminables…

La Critique

Jamais Fellini n’a été plus proche de l’autobiographie qu’avec ce film au titre évocateur : « je me souviens », en dialecte romagnol. Souvenirs plus ou moins avérés, donc, du jeune Federico, quand il découvrait la vie à Rimini dans les années 1930.

La mémoire transforme ces instantanés de vie ordinaire en images irrésistibles. Au fil d’une chronique décousue main surgissent les seins de la Gradisca, l’hyperbolique vamp locale, le directeur du cinéma qui s’est fait la tête d’un célèbre jeune premier hollywoodien, le Rex glissant dans la nuit et la parade grotesque des pompeux guignols en uniforme de la fête fasciste. Rassemblés, tous ces signes, trop beaux pour ne pas être véridiques, cernent les émois d’une adolescence hantée par la chair et le péché qui va avec, confrontée à la molle veulerie ambiante vis-à-vis du régime mussolinien, et traversée aussi d’une gravité furtive quand, une nuit, un violon solitaire joue L’Internationale…

La plus mince anecdote est, ici, sublimée par l’œil de l’artiste Fellini (et de ses complices, le chef opérateur Giuseppe Rotunno et le compositeur Nino Rota) et représente un incomparable hommage au cinéma. Celui qui faisait fantasmer l’adolescent de Rimini et celui qui permet au Maestro de transfigurer la réalité en rêve éveillé.

Jean-Clauce LOISEAU (Télérama)