Vera Drake

Ciné CLEP

Mercredi 21 février 2018 à 20h15

Au Théâtre à Moustache

1 bis Place Saint Jacques – Compiègne

vera-drake

Réalisé par Mike Leigh (2004)

Durée 125 mn

Avec :

Imelda Staunton (Vera Drake) , Richard Graham (George) , Eddie Marsan (Reg)

Synopsis

Les années 50 à Londres. La modeste famille des Drake est appréciée dans tout le quartier. L’homme, Stan, est mécanicien dans le garage de son frère. Sid et Ethel, les deux enfants, sont respectivement apprenti tailleur et ouvrière dans une fabrique d’ampoules électriques. Vera, femme de ménage, est connue pour rendre service à tout son entourage. Mais si la gentillesse de la mère de famille est appréciée, c’est une activité bien plus secrète qui lui vaut d’être réputée en ville. Vera aide en effet des femmes à avorter clandestinement, à une époque où cette pratique est considérée comme un crime. Mais un jour, une de ses «patientes» ayant été blessée, Vera est inquiétée par la police et la justice. Elle entame une descente aux enfers..

Critique

Par Pierre Murat (Télérama)

Genre : tragédie ordinaire.

Vera Drake chantonne. Tout le temps. Quand elle cuisine pour son mari et ses deux enfants. Quand elle s’échine à briquer les demeures des grands bourgeois qui la regardent à peine. Si elle ne chantonne pas, Vera fait chauffer des bouilloires. Pour préparer ce thé sans lequel les Anglais ne seraient pas eux-mêmes. Et pour remplir d’eau savonneuse le ventre des femmes. Dans ce Londres misérable du début des années 1950, Vera Drake est une avorteuse. Elle pratique cette activité avec la minutie, la patience, l’humilité d’un artisan, sans demander d’argent. Qu’elle aide ces femmes en détresse ou qu’elle invite à dîner ce voisin effacé qu’elle soupçonne de ne se nourrir que de pain et de saindoux, Vera ne fait qu’obéir à sa raison. Ce n’est pas une sainte laïque, mais un coeur simple à la Flaubert.

Avec elle, Mike Leigh poursuit sa description méticuleuse, presque clinique, d’une comédie humaine peuplée d’êtres frustes et de paumés magnifiques. Lauréat du Lion d’or à Venise 2004, avec le prix d’interprétation pour Imelda Staunton (dont les « dear » qu’elle murmure à tout le monde, même au flic qui l’interroge, ressemblent à des bouées de sauvetage), ce film magnifique est un pamphlet contre l’hypocrisie de sociétés édictant des lois que les pauvres subissent et que les riches déjouent.

image_pdfimage_print

Post Author: Michel Fumagalli