Ciné CLEP : REVOIR PARIS

Vendredi 6 octobre 2023 à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille – Compiègne

Entrée gratuite

Réalisateur

  • Alice Winocour

Acteurs

  • Virginie Efira Mia
  • Benoît Magimel Thomas
  • Grégoire Colin Vincent
  • Maya Sansa Sara

Synopsis

Mia est sortie physiquement indemne d’un attentat dans une brasserie parisienne, mais est régulièrement assaillie par des flash-backs court et intenses. Trois mois après le drame, elle mène l’enquête afin de retrouver ses souvenirs et tenter de reprendre le cours d’une vie un tant soit peu normale. Elle débute par le lieu du drame, et cherche petit à petit à récolter des indices sur les événements tragiques de ce soir-là : retrouver les personnes présentes à la brasserie, remettre en place les pièces du puzzle afin de réussir à se reconstruire et mettre un terme à cet état psychologique pour lui permettre d’avancer dans sa vie…

Critique

En 2018, dans Amanda Mikhaël Hers soupesait le poids du chagrin sur les épaules du frère d’une victime d’un attentat, incarné par Vincent Lacoste. Cette chronique de la vie d’après racontait aussi le retour en pointillé de la lumière dans les ténèbres du deuil. Quatre ans après, Alice Winocour traite à son tour, mais très différemment, des stratégies que chacun déploie, plus ou moins consciemment, pour redonner sens à la vie. Écrit notamment avec le documentariste Jean-Stéphane Bron, Revoir Paris, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, se nourrit de l’expérience vécue par le frère de la réalisatrice, présent au Bataclan le soir du 13 novembre 2015.

L’attentat du film a lieu dans une grande brasserie parisienne où Mia (Virginie Efira) a atterri par hasard en attendant la fin d’un orage. Filmée au ras du sol où, dès les premiers coups de feu, la jeune femme s’est jetée parmi les débris de verre et les corps inertes, la scène est terrifiante. On pourrait croire que chaque visage entrevu ce soir-là avant l’attaque – le sourire espiègle de ces jeunes Japonaises prenant en photo leurs coquilles d’escargots, le regard pétillant de cet homme devant son gâteau d’anniversaire – serait à jamais gravé dans la rétine de Mia. Au contraire, trois mois après le drame, sa mémoire n’est plus qu’un trou noir. Hésitante au début, elle s’attelle à dissiper l’opacité du trauma. Puis, quand lui reviennent les premiers fantômes, les premiers flashs, c’est tout un puzzle macabre de sensations et de sons qu’il faut reconstituer. Voilà cette traductrice de profession contrainte d’interpréter les signaux de son chaos mental.

Virginie Efira magnifiquement juste

Par l’intermédiaire d’une association de victimes qui organise tous les lundis des visites de la brasserie pour les survivants et les proches des morts, Mia confronte ses lambeaux de souvenirs aux points de vue parcellaires des autres personnes présentes ce soir-là. C’est parfois violent : aveuglés par la souffrance, certains lui imposent des témoignages qu’elle ne peut ou ne veut pas s’approprier. D’autres, comme Thomas, hypermnésique et gravement blessé à la jambe, préféreraient avoir tout oublié plutôt que d’être ainsi rivé à sa mémoire. Félicia, elle, cherche désespérément à grappiller une once du dernier souffle de ses parents, fauchés en plein dîner. De quoi parlaient-ils, juste avant de mourir ? La jeune fille laissera enfin couler ses larmes quand elle retrouvera dans le tableau des Nymphéas de Monet le détail reproduit sur l’ultime carte postale reçue de ses parents. La scène est bouleversante. Ou comment les plus petits détails peuvent devenir de profondes consolations, et une manière de dire au revoir.

Revoir Paris, pour Mia, c’est aussi changer de focale, faire une mise au point sur la vie qu’elle menait avant. Avant que la grande roue du hasard ne la précipite là où tout, désormais, les rues comme les sinuosités de son cerveau, la ramène sans cesse. En s’attachant à son obsession de retrouver l’homme qui lui a tenu la main le soir de la tragédie, Alice Winocour montre l’importance cruciale du collectif dans la reconstruction : la nécessité de se retrouver entre victimes, pour partager le traumatisme et en alléger le poids, mais aussi, et surtout, pour s’assurer que l’inconnu(e) dont on a croisé le regard terrifié s’en est sorti(e). Le mouvement du film, d’abord centré sur Mia, puis de plus en plus choral, embrasse ce retour salvateur à autrui. Virginie Efira est encore une fois magnifiquement juste, tout comme Benoît Magimel, dans la peau d’un personnage qui s’accroche à la légèreté avec l’élégance du désespoir.

Mathilde Blottière (Télérama)




Ciné CLEP : LE PONT DES ESPIONS

Vendredi 14 septembre 2023 à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille – Compiègne

Entrée gratuite

Réalisateur

Steven Spielberg

Acteurs

  • Tom Hanks James B Donovan
  • Mark Rylance Rudolf Abel
  • Victor Verhaeghe l’agent Gamber
  • Amy RyanMary Donovan

Synopsis

En 1960, James B. Donovan, un avocat new-yorkais spécialisé dans les assurances, doit défendre Rudolf Abel, un espion russe que la CIA vient d’arrêter. D’abord surpris qu’on le choisisse, il a à coeur de le défendre tandis que son épouse ne voit que les ennuis que cela peut causer à leurs familles. Homme de loi habile, il parvient à commuer la peine de mort de son client en prison à vie. Donovan est ensuite recruté par la CIA. Il a pour mission de négocier la libération de Francis Gary Powers, le pilote de l’avion espion américain U-2, que les Soviétiques ont abattu au-dessus de leur territoire. Il se retrouve plongé en pleine guerre froide…

Critique

La guerre froide étreint les États-Unis. À New York, en 1957, un Russe est arrêté. Pour le faire condamner à mort, l’État américain lui paye un avocat. Mais celui-ci décide de pousser l’illusion de justice jusqu’à l’épreuve de vérité : il se surpasse et fait respecter les droits de son client, que la CIA vient chercher quand un de ses agents tombe aux mains des Soviétiques. Un échange pourrait avoir lieu à Berlin, sur le fameux pont de Glienicke, surnommé le « Pont des espions »…

En reconstituant l’histoire vraie de l’avocat James B. Donovan (1916-1970), Steven Spielberg nous offre une réflexion sur le rôle de l’individu dans l’Histoire. La grandeur morale de cet homme joué par Tom Hanks se frotte au mystère d’un Russe ambigu à souhait — Mark Rylance, Oscar du meilleur second rôle pour cette performance. Suspense et inquiétude se mêlent pour faire revivre un monde où les hommes ne sont plus que des pions sur un échiquier politique plein de pièges. La défense de la liberté redevient alors le seul combat qui vaille. Hier comme aujourd’hui, nous souffle Spielberg. Frédéric Strauss (Télérama)




Ciné CLEP : Programmation 2023 – 2024

Ciné CLEP : le Ciné Club

Séances de cinéma avec présentation, discussion et analyse filmique

Les séances se tiennent Bibliothèque Saint Corneille, salle Michèle Le Chatelier Compiègne

Entrée gratuite

> Vendredi 15 septembre 2023 à 20h15

LE PONT DES ESPIONS (Bridges of Spies)

Steven Spielberg, 2015, 2h12, couleur, États-Unis, Allemagne, VOSTF, espionnage, thriller

Avec Tom Hanks, Mark Rylance, Eve Hawson

En pleine guerre froide, un avocat new-yorkais est requis par les autorités pour jouer les négociateurs entre les États-Unis et la RDA.

Sur un scénario brillant coécrit par les frères Coen (et de ce fait étonnamment drôle), le cinéaste plonge son personnage dans les rrues glacées d’un Berlin tout juste scindé en deux.

Séance animée par Amy Hidalgo

> Vendredi 6 octobre 2023 à 20h15

REVOIR PARIS

Alice Winocour, 2022, 1h45, couleur, France, drame

Avec Virginie Efira, Benoît Magimel

Après avoir survécu à un attentat dans une brasserie, une jeune femme tente de se reconstruire en menant sa propre enquête.

En écho aux attentats de 2015, un magnifique portrait entre désarroi et renaissance.

Séance animée par Amy Hidalgo

> Vendredi 10 novembre 2023 à 20h15

LA NOUVELLE VAGUE en cinq courts-métrages

Jean-Luc Godard, Maurice Pialat, Alain Resnais, François Truffaut, 1h30, noir & blanc, France

À la fin des années 50, des jeunes cinéastes découvrent la réalisation avec gourmandise et inventivité.

Séance animée par Catherine Raucy

> Vendredi 15 décembre 2023 à 20h15

LES VIKINGS (The Vikings)

Richard Fleischer, 1958, 1h56, couleur, États-Unis, VOSTF, action, aventure, film historique

Avec Kirk Douglas, Tony Curtis, Janet Leigh

Au Xème siècle, les Vikings sèment la terreur sur les côtes anglaises.

Un film d’aventure d’une beauté picturale exceptionnelle grâce aux images signées Jack Cardiff, l’un des plus grands chefs opérateurs.

Séance animée par Hugues Mahieux et Willy Le Guil

> Vendredi 19 janvier 2024 à 20h15

FUREUR APACHE (Ulzana’s Raid)

Robert Aldrich, 1972, 1h43, couleur, États-Unis, VOSTF, western

Avec Burt Lancaster, Bruce Davison, Joaquín Martínez

Un peloton de cavalerie se lance à la poursuite d’un chef apache rebelle.

Un western violent et crépusculaire, métaphore de la guerre du Viêt Nam. Une œuvre sans concession, par l’un des plus passionnants réalisateurs américains.

Séance animée par Hugues Mahieux et Willy Le Guil

> Vendredi 16 février 2024 à 20h15

ELLE ET LUI (An Affair To Remember)

Leo McCarey, 1957, 1h59, couleur, États-Unis, VOSTF, comédie romantique

Avec Cary Grant, Deborah Kerr

Au cours d’une croisière, une chanteuse et un coureur de jupons ont un coup de foudre réciproque. Ils promettent de se revoir six mois plus tard à New York.

Sous ses airs de jolie comédie sophistiquée, une petite merveille.

Séance animée par Catherine Raucy

> Vendredi 15 mars 2024 à 20h15

OUTRAGES (Casualties of war)

Brian De Palma, 1989, 1h59, couleur, États-Unis, VOSTF, guerre, drame

Avec Michael J. Fox, Sean Penn, Don Harvey

Selon Quentin Tarantino, le plus grand film sur la guerre du Viêt Nam. Inspiré d’un fait réel, le film retrace les exactions de plusieurs soldats et pose une question morale : un meurtre est-il plus excusable quand il est commis en temps de guerre ? Un des grands chefs-d’œuvre de Brian de Palma, dans une nouvelle version restaurée.

Séance animée par Hugues Mahieux

> Vendredi 12 avril 2024 à 20h15

MON FRERE EST FILS UNIQUE (Mio fratello è figlio unico)

Daniele Luchetti, 2007, 1h48, couleur, Italie, VOSTF, comédie dramatique

Avec Elio Germano, Riccardo Scamarcio

Italie, années 60/70. Deux frères, l’un communiste, l’autre néo-fasciste, sont amoureux de la même jeune fille.

Comédie grinçante, satire politique et mélodrame familial font bon ménage dans cette séduisante reconstitution historique.

Séance animée par Catherine Raucy

> Vendredi 24 mai 2024 à 20h15

LA FIN DU JOUR

Julien Duvivier, 1939, 1h48, noir & blanc, France, mélodrame

Avec Michel Simon, Louis Jouvet, Victor Francen

Un vieux Don Juan jette le trouble dans l’hospice pour comédiens désargentés où il échoue.

Film tendre et dur sur des cabots vieillissants, joués magnifiquement par trois acteurs géniaux. Derrière la caméra, Julien Duvivier, un des plus grands metteurs en scène français, longtemps ignoré et aujourd’hui unanimement célébré.

Séance animée par Hugues Mahieux

> Vendredi 14 juin 2024 à 20h15

LES CHARIOTS DE FEU (Chariots of Fire)

Hugh Hudson, 1981, 2h03, couleur, Royaume-Uni, VOSTF, drame biographique

Avec Ben Cross, Ian Charleson, Ian Holm

L’aventure parallèle de deux coureurs issus de milieux différents, avant l’épreuve finale des Jeux olympiques de 1924.

Un classique des années 80, porté par une BO culte.

Séance animée par Thierry Defosse




Ciné CLEP : BROOKLIN

2015, 1H57, couleur, Grande Bretagne -Irlande, version originale sous-titrée en français,

Vendredi 23 juin 2023 à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille – Compiègne

Entrée gratuite

Séance animée Willy Le Guil

Réalisateur

Crowley John

Acteurs

  • Saoirse Ronan Eilis
  • Hugh Gormley Priest
  • Brid Brennan Miss Kelly
  • McGrath MaeveMary

SYNOPSIS

Dans les années 50, Eilis Lacey, aidée par le père Flood, un prêtre irlandais de Brooklyn, quitte son Irlande natale, espérant trouver un avenir meilleur aux Etats-Unis. Employée dans une petite boutique, la jeune femme, studieuse, vit dans la modeste et sérieuse pension de famille tenue par miss Kelly et participe à la vie de la communauté irlandaise de Brooklyn. Elle fait bientôt la connaissance de Tony Fiorello, dont elle tombe rapidement amoureuse. Mais, quelque temps après leur mariage, Eilis apprend la mort de sa soeur et retourne en Irlande, pour soutenir sa mère. C’est là qu’elle fait la connaissance de Jim Farrell…




Ciné CLEP : LAS VEGAS 21

2008, 2h02, couleur, États-Unis, version originale sous-titrée en français,

Vendredi 19 mai 2023 à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille – Compiègne

Entrée gratuite

Séance animée Aurore Gebleuxl

Réalisateur : Robert Luketic

Acteurs : 

  • Jim Sturgess Ben Campbell
  • Kate Bosworth Jill Taylor
  • Laurence Fishburne Cole Williams
  • Kevin Spacey Micky Rosa

Synopsis

Ben Campbell, étudiant du prestigieux MIT, partage son temps entre ses études et les petits boulots qui lui permettent de financer ses frais de scolarité. Un jour, quelques condisciples lui proposent de participer à un jeu bien plus lucratif : tous les week-ends, cette petite bande de mathématiciens hors pair se rend à Las Vegas pour jouer au black-jack sous de fausses identités, avec des règles qui ne doivent plus rien au hasard. Guidés par un professeur, Micky Rosa, un génie des statistiques, ils ont compris comment prévoir les cartes et communiquer entre eux pour rafler de très grosses mises. Séduit par l’argent facile, une vie de rêve et Jill, sa très belle équipière, Ben multiplie les défis…




Ciné CLEP : OPÉRATION DRAGON (Enter the dragon)

1973, 1h40, couleur, Hong Kong / États-Unis, version originale sous-titrée en français

Vendredi 7 avril 2023 à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille – Compiègne

Entrée gratuite

Séance animée par Willy Le Guil

Réalisateur : Robert Clouse

Acteurs

Bruce Lee, John Saxon, Ahna Capri, Jim Kelly

Synopsis

Les services de renseignements américains recrutent trois experts en arts martiaux, un Chinois, Lee, un Noir, Williams, et un Blanc, Roper. Tous trois profitent d’un championnat de karaté, organisé par le terrible Han sur son île-forteresse de la baie de Hongkong, pour s’introduire dans la place et rassembler les preuves des multiples trafics qui enrichissent Han. A peine se sont-ils familiarisés avec la discipline tyrannique qui régit la vie sur l’île que les trois champions sont démasqués. Williams paie sa curiosité de sa vie, mais ses collègues n’ont pas dit leur dernier mot : la guerre est déclarée entre les infâmes trafiquants et les valeureux redresseurs de torts…




Ciné CLEP : Le Labyrinthe de Pan (El Laberinto del fauno)

Vendredi 17 mars 2023 à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille – Compiègne

Entrée gratuite

Séance animée par Antoine Torrens et Jean-Christophe Tolg

Réalisateur :  Guillermo del Toro, 2006

Synopsis

En 1944, en Espagne, alors que la répression franquiste bat son plein. Carmen, une jeune veuve, s’est récemment remariée avec Vidal, un capitaine de l’armée franquiste froid et autoritaire. Elle le rejoint dans sa maison avec Ofelia, sa fille. Mais l’enfant se fait difficilement à sa nouvelle vie. Tandis que sa mère, affaiblie par sa deuxième grossesse, garde le lit, la petite explore les environs. Dès la première nuit, une fée lui apparaît et la guide jusqu’à un labyrinthe, derrière la maison. Là, Ofelia rencontre un faune. La créature lui révèle qu’elle est peut-être la princesse disparue d’un royaume magique. Mais pour s’en assurer, la fillette devra s’acquitter de trois épreuves…

Critique

Réalisateur inspiré de Hellboy, Guillermo del Toro renouait ici avec la veine de L’Echine du diable, thriller fantastique sur fond de guerre d’Espagne. Cette fois, l’action se déroule en 1944 et les républicains ne sont plus qu’une poignée de résistants maquisards. Obligée de suivre sa mère, remariée avec un cruel capitaine franquiste, la petite Ofelia n’aime ni sa nouvelle vie ni sa nouvelle demeure, un vieux moulin aux allures de chambre de torture. Dans la forêt alentour, elle découvre un ancien labyrinthe où un faune aux membres boisés, Pan, lui révèle ses origines enchantées et la soumet à trois épreuves…

Grâce à de remarquables effets spéciaux, le film mixe avec fluidité la fiction historique et le conte chimérique, multipliant les passerelles entre réel et merveilleux, les créatures magiques et les monstres humains. Dans ce monde cauchemardesque et féerique à la fois, les sons aussi prennent une résonance singulière.

Cette envoûtante fable horrifique est aussi une para­bole sur le fascisme. Droit dans ses bottes, Sergi López (étonnant) incarne un militaire fétichiste qui voit dans la souffrance, infligée et subie, un gage de virilité. Plus sombre que le voyage de l’Alice de Lewis Carroll, personnage auquel les souliers vernis et la robe bouffante de la fil­lette font référence, le parcours initiatique d’Ofelia passera peut-être par le deuil. Mais pas celui du merveilleux. — Mathilde Blottière (Télérama)




Ciné CLEP : Mon oncle Benjamin

Vendredi 10 février 2023 à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille – Compiègne

Entrée gratuite

Séance animée par Didier Clatot

Réalisateur

Édouard Molinaro, 1969

Acteurs

Jacques Brel : Le docteur Benjamin Rathery

Claude Jade : Manette

Rosy Varte : Bettine Machecourt

Lyne Chardonnet : Arabelle Minxit

Bernard Blier : Le marquis de Cambyse

Paul Frankeur : Le docteur Minxit

Bernard Alane : le vicomte de Pont-Carré

Mestral Armand : Machecourt

Alfred Adam : Le sergent

Carlo Alighiero : L’intendant du marquis

Robert Dalban : Jean-Pierre – l’aubergiste

Paul Préboist : Le notaire Parlenta

Synopsis

Benjamin Rathery exerce son art de médecin dans la riante campagne de Clamecy, sous le règne de Louis XV. Il soigne gratuitement les pauvres et se dédommage en faisant largement payer les riches. Un jour, il provoque le marquis de Cambyse, qui se prépare à lui faire payer chèrement son impudence..

Critique

Au XVIIIe siècle, Benjamin Rathery est un médecin de campagne pas comme les autres. Il nargue la noblesse, soigne bénévolement les pauvres et court volontiers le jupon. Un jour, sa soeur se met en tête de le marier…

Au lendemain de 1968, Jacques Brel s’était passionné pour ce personnage. Il y a du Cyrano dans Benjamin : grande gueule, mépris de l’argent, amour de la liberté. Mais un Cyrano qui aime la bonne chère et pour qui la chair est loin d’être triste. Certains, à l’époque, ont vu de la grivoiserie dans des séquences où éclataient, en fait, une vraie santé, une salubre insolence — le moment hilarant où Bernard Blier, en caricature de vieux marquis, doit se déculotter en public. Ces aventures nous sont contées à bride abattue, sans temps mort, et permettent de retrouver une savoureuse galerie de comédiens à trogne : Alfred Adam, Paul Préboist, Robert Dalban… Si l’on rit souvent, la paillardise se teinte aussi de mélancolie, comme dans cette très belle scène des adieux du docteur Minxit à ses amis. Mon oncle Benjamin reste un des meilleurs films d’Edouard Molinaro. — Bernard Génin (Télérama)




Ciné CLEP : IMMORTEL (AD VITAM)

En parallèle à l’exposition Enki Bilal (Espace Jean Legendre)

www.http://www.theatresdecompiegne.com/page-exposition-2022-2023

Vendredi 20 janvier 2023 à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille – Compiègne

Entrée gratuite

Séance animée par Antoine Torrens

Film français (2002). Animation, Science fiction.
Durée : Date de sortie française : 14 Mars 2004
Réalisateur : Enki Bilal d’après son oeuvre
Interprètes : Linda Hardy (Jill Bioskop), Charlotte Rampling (Elma), Thomas Kretschmann (Nikopol), Thomas M. Pollard (Horus d’Hiéraknopolis), Yann Collette (Froebe), Frédéric Pierrot (John), Jean-Louis Trintignant (Jack turner), Corinne Jaber (Lily Liang), Joe Sheridan (Kyle Allgood)
Production : Téléma Productions, France, TF1 Films Production, France
Distribution : UFD, France

L’histoire :

New York 2095.
Une pyramide flottante au-dessus de Manhattan…
Une population de mutants, d’extraterrestres, d’humains, réels ou synthétiques…
Une campagne électorale.
Un serial killer boulimique qui cherche un corps sain et un dieu à tête de faucon qui n’a que sept jours pour préserver son immortalité.
Un pénitencier géostationnaire qui perd un dissident subversif congelé depuis trente ans et une jeune femme sans origine connue, aux cheveux et aux larmes bleus…
Trois noms : Horus, Nikopol, Jill…
Trois êtres aux destins convergents où tout est truqué : les voix, les corps, les souvenirs.
Tout, sauf l’amour qui surgit comme une délivrance.

Pour son troisième film Enki Bilal fait une adaptation de sa trilogie Nikopol appuyé par le producteur Charles Gassot. Le point fort du film c’est bien sûr le visuel : décor, maquillage, costumes, lumières, accessoires.
Ne vous attendez pas à voir une adaptation directe et fidèle de la bande dessinée car Enki Bilal qui aime les anachronismes a préféré s’en servir de matériaux de départ pour créer une nouvelle version de sa vision de la trilogie Nikopol.

Les personnages

Pour ce film, Enki Bilal a fait le choix d’utiliser des personnages en trois dimensions ce qui abouti à un film où on ne compte que trois personnages représentés par des humains. Il faut dire que par moment ces personnages virtuels manquent de naturels à l’instar de ceux du film Final Fantasy. On pourrait même y trouver une certaine incohérence artistique. En effet que les dieux égyptiens perchés dans leur pyramides soient en3D stylisée est plutôt intéressant puisqu’ils sont ainsi clairement différenciés des personnages humains et extra-terrestres. Mais ensuite, tous ces personnages en 3d font perdre un peu de cet intérêt. D’autant que la présence humaine dans ce film très visuel et graphique aurait permis de rendre moins artificielles certaines parties du film.

Lors d’une rencontre à la fnac Bordeaux, Enki Bilal a expliqué qu’il avait choisi d’utiliser autant de personnages 3D afin de renforcer le côté hybride du film et des personnages. Dans cette société, tout les personnages peuvent être mutants ou venir d’ailleurs. Donc, pour lui il n’y a pas d’incohérence et il est satisfait par les choix qui ont été fais sur le style des personnages

Un univers Bigarré

Le film baigne dans un New York réparti sur trois niveaux au sein desquels se répartissent les humains et les non-humains car ce monde est peuplé de mutants et humanoïdes en tout genre. Cette grande variété de la faune est aussi le prétexte à la manifestation de comportements étonnants. Requin marteau mutant qui se déplace dans la plomberie, petits personnages mous et translucides qui proposent du savon ou un pistolet (c’est au choix selon ce qu’on veut nettoyer) et émettant des sons incompréhensibles avec une petite voix.

Critique de la société

Le film est l’occasion de critiquer la société de consommation moderne avec ses grands groupes internationaux contrôlant des technologies de pointes. Eugenics est une société fictionnelle de Immortel qui manipule les gênes et que l’on sent capable des pires choses ; elle va jusqu’à tuer des policiers pour préserver ses intérêts. Pour Enki Bilal que le monde médical fascine, c’est l’occasion de pointer du doigt certaines grandes tendances de notre société qui fait la promotion du non-vieillissement et cherche à prolonger la vie.

Verdict

Si vous n’êtes pas du genre frileux, c’est un film atypique qui mélange allégrement différentes techniques visuelles (cinéma traditionnel, images de synthèse, compositing pour mélanger toutes les différentes sources sans parler du magnifique travail fourni par les équipes de Duran qui est une société française tout de même et pas des moindres). Linda Hardy s’en sort plutôt bien et le film bénéficie de la présence de Charlotte Rampling ainsi que d’un personnage de synthèse manipulé par Jean-louis Trintignat. Comme ce film est une première dans le cinéma européen on peut saluer sa venue et le soutenir même si il n’est pas parfait d’autant qu’il échappe aux fautes goût de certains Batman par exemple.

Laurent Berry (dvdcritiques.com)




Ciné CLEP : JULIE (EN 12 CHAPITRES) (Verdens Verste Menneske)

Vendredi 18 novembre 2022 à 20h15

Bibliothèque Saint Corneille – Compiègne

Entrée gratuite

Séance animée par Amy Hidalgo

Réalisateur : Joachim TRIER

Synopsis :

Julie, âgée de trente ans, est instable. Elle passe de la médecine à des études de psychologie. Elle s’essaie ensuite à la photographie, avec le soutien de sa mère, étonnée, mais très compréhensive, pour finalement travailler dans une librairie. C’est une jeune femme sympathique, alerte, qui refuse d’avoir des enfants et la routine. Elle fréquente Aksel, un dessinateur à succès de 45 ans qui voulait devenir parent avec elle. Julie rencontre Eivind, son futur amant lors d’une soirée de mariage alcoolisé où elle s’est incrustée sans connaitre personne. Elle quitte Aksel pour Eivind, en espérant une fois de plus de donner un nouveau sens à sa vie…

Acteurs :

Renate Reinsve

Anders Danielsen

Maria Grazia

Critique :

Allant et grâce poétique. Ce sont les qualités premières de cette comédie romantique et littéraire. La Julie du titre est dépeinte à travers douze chapitres, comme dans un roman. Douze moments qui englobent plusieurs années de son existence, autour de la trentaine. Dans le prologue, on apprend que la demoiselle était dans sa jeunesse une étudiante brillante, qui a suivi des études de médecine puis, insatisfaite, a changé de branche, en voulant devenir psychologue. Avant de changer à nouveau pour se lancer dans la photographie. Une pointe d’ironie filtre, laissant deviner une touche-à-tout qui papillonne, ne sachant pas exactement ce qu’elle veut.

C’est à la fois vrai et faux. Les facettes de Julie sont multiples. Joachim Trier fait d’elle un portrait psychologique et sentimental subtil, à travers son travail, ses liens de famille et surtout deux histoires d’amour successives. Le film est parfois mordant, proche de la satire sociologique. Mais il s’attache surtout à explorer la vie intérieure de Julie. Un être de contradictions. Qui brave la pression sociale l’astreignant à être mère mais peine à s’accomplir. Qui a du talent dans l’écriture mais renonce à le capitaliser. Un personnage solaire et mélancolique, indissociable de Renate Reinsve, révélation pleine de sensualité, Prix d’interprétation à Cannes, qu’on ne se lasse pas de suivre dans ses déambulations, à travers le temps et la ville aérée d’Oslo.

Captivant et fluide, Julie (en 12 chapitres) bascule dans son dernier tiers, offrant soudain une partition plus grave. Joachim Trier se refuse pourtant à toute noirceur, préférant se tourner du côté d’une sagesse qui n’a rien de mièvre. Bien malin qui peut dire à la fin si le trajet de Julie aboutit à une forme de gâchis. Ou à l’épanouissement discret et neuf d’un dandysme au féminin. Jacques Morice (Télérama)