L’Aventure Intérieure

Ciné CLEP

Mercredi 20 décembre 2017 à 20h15

Au Théâtre à Moustache

1 bis Place Saint Jacques – Compiègne

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Réalisation

Joe Dante (1987)

Avec

Dennis Quaid(Tuck Pendelton) ,Meg Ryan (Lydia Maxwell) , Martin Short (Jack Putter) …

Synopsis

Très porté sur les jolies femmes et l’alcool, le lieutenant Tuck Pendelton a mauvaise presse au sein de l’armée. Afin de se racheter, il se porte volontaire pour une expérience scientifique périlleuse. Il doit être miniaturisé avec un submersible et injecté dans les veines d’un lapin, afin d’en étudier le comportement et la perception du monde. Cependant, une bande d’espions commandée par le redoutable Scrimshaw a dérobé une des puces électroniques indispensables à l’inversion du processus. Suite à un malheureux concours de circonstances, Tuck et son vaisseau sont injectés dans la fesse de Jack Putter, un caissier stressé et hypocondriaque…

Critique

Par Anne Dessuant (Télérama)

Film de Joe Dante (Innerspace, USA, 1987). Scénario : Jeffrey Boom et Chip Proser. 120 mn. VM. Avec Dennis Quaid, Martin Short, Meg Ryan.
Genre : inside man.
Ce qu’on aime chez Joe Dante, c’est le côté foutraque de ses films. Son Aventure intérieure n’est pas un simple remake du Voyage fantastique de Richard Fleischer, mais plutôt un pastiche de ce classique de la SF. Le cinéaste s’intéresse finalement très peu au périple du lieutenant Pendleton injecté dans le corps humain d’un pauvre magasinier, projeté malgré lui au coeur de l’action (mais les quelques scènes « d’intérieur » sont plastiquement impressionnantes).
Plus de dix ans avant le film de Spike Jonze, Dans la peau de John Malkovitch, Joe ­Dante joue avec cette sensation de dépersonnalisation qu’éprouve son héros. Formé à l’école de la BD et du cinéma de genre, il multiplie les références à ses maîtres : on aperçoit, entre autres, Chuck Jones, le dessinateur de Bip-Bip et de Will le Coyote, et le foetus flottant de 2001 : l’Odyssée de l’espace apparaît lors d’une séquence étonnamment poétique. Au passage, les institutions en prennent pour leur grade : l’armée, la recherche, le contre-espionnage… Joe Dante est, au sein de l’industrie cinématographique yankee, comme ce vaisseau égaré dans un milieu hostile. Un grain de sable encombrant




Ciné Clep : L’homme de la plaine

Western

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Réalisé par Anthony Mann (1955)

Avec : James Stewart

Mercredi 15 novembre 2017 à 20h15

Au Théâtre à Moustaches

1 bis place Saint Jacques Compiègne

 

 

Synopsis

Le capitaine Will Lockhart et son vieil ami Charley arrivent à Coronado, une ville du Nouveau-Mexique, dans l’intention de venger la mort du jeune frère de Will. Celui-ci, officier de la cavalerie, a été tué par des Apaches qui se fournissent en armes auprès de trafiquants de la région.
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Ce sont ces derniers que Will veut démasquer et punir. Dès son arrivée, il a indirectement maille à partir avec Alec Waggoman, un grand propriétaire terrien veuf, qui vit avec son fils Vic et son contremaître. Il se retrouve face aux hommes de Waggoman, qui détruisent ses chariots et abattent ses mules. Kate Canady, la seule propriétaire qui ose encore résister à ce dernier, engage Will. Mais celui-ci se voit accusé du meurtre de Waggoman…



Ciné CLEP : LOIN DES HOMMES

Mercredi 18 octobre à 20h15

au Théâtre à Moustaches

1 bis place Saint-Jacques à Compiègne

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Drame Réalisé par David Oelhoffen (2014)

Avec David Oelhoffen, Viggo Mortensen, Reda Kateb

Synopsis

En 1954, un instituteur taciturne qui vit seul dans une école perdue dans l’immensité aride de l’Atlas reçoit la visite d’un gendarme, venu lui livrer un prisonnier, un paysan arabe qui a tué son cousin d’un coup de serpe. Daru n’a pas le choix. Il doit conduire Mohammed dans la ville voisine de Tinghit, à une journée de marche. Alors qu’il s’apprête à le libérer après l’avoir soigné, il est attaqué tour à tour par des colons à la recherche d’un maquis d’indépendantistes et par les cousins de Mohammed, venus se venger. Les deux hommes prennent le chemin de Tinghit, dont ils doivent bientôt s’écarter. D’hostiles leurs relations deviennent peu à peu fraternelles…

Critique

Par Pierre Murat Télérama

Genre : la guerre sans nom. Algérie, 1954. Des troubles que l’on devine encore diffus, loin dans les grandes villes, basculent dans une guerre qui ne dit pas son nom. Mais dès les premières secondes, tout, chez David Oelhoffen, rappelle les westerns de jadis : les grands espaces de l’Atlas évoquent les lieux déserts du vieil Ouest. Et l’instituteur humaniste, chargé, contre son gré, de livrer aux gendarmes un Arabe assassin, prend des airs de cow-boy héroïque, style John Wayne ou Kirk Douglas. En adaptant librement la nouvelle d’Albert Camus, le cinéaste filme l’histoire de deux hommes qu’il amène, avec une rare délicatesse, à un choix inévitable. Aux portes de leur liberté. Cette liberté est, curieusement, liée à la perte de l’innocence. Pour survivre, l’Arabe se résout à trahir les siens. Tandis qu’il s’acharne à le protéger, le Français est forcé de tuer un homme. Et tout son passé lui saute alors au visage : la sauvagerie qu’il avait tant cherché à oublier, loin des hommes et de leur violence. Au fil du périple, on sent le héros prendre conscience d’une faute, individuelle et collective. Il n’a pas vu venir les « événements ». La France non plus. Désormais, il est trop tard : sa mission humaniste (faire lire des gamins illettrés) ne suffit pas à excuser des années d’injustice et d’inconscience. Sans même s’en rendre compte, les idéalistes généreux, les héritiers du siècle des Lumières, se sont mués en oppresseurs. En tyrans à dégager. La désillusion enveloppe cette fresque lyrique d’une sourde et entêtante mélancolie.

 

 

 




Ciné CLEP

Ciné CLEP

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Mercredi 20 septembre 2017

20h15

au théâtre à Moustaches

1 bis place St Jacques – Compiègne

Les 39 Marches

Réalisé par Alfred Hitchcock (1935)

Avec

Avec Robert Donat : Richard Hannay. Madeleine Carroll : Pamela. Lucie Mannheim : Annabella. Godfrey Tearle : Jordan.

Synopsis

Richard Hannay, un jeune Canadien qui vient tout juste de s’installer en Angleterre, rencontre par hasard une jeune femme, Annabella Smith, qui lui demande de la protéger et de l’héberger. Elle lui parle de la société secrète des «39 Marches», qui s’occupe d’espionnage et cherche à l’éliminer. Hannay est d’abord sceptique. Mais l’assassinat d’Annabella le force à prendre au sérieux ses révélations. Poursuivi par la police en qualité de principal suspect, il décide de se rendre là où la disparue devait aller : en Ecosse. Dans le train, il croise Pamela, une jolie blonde, qui envisage d’abord de le livrer aux autorités avant de l’aider…

Critique du 07/11/2009

Par Marine Landrot Télérama

Une inconnue à voilette demande à Richard Hannay de la protéger. La belle tremblante lui parle d’un complot organisé par une société secrète, Les trente-neuf marches. Pendant la nuit, elle est assassinée. Richard part alors en Ecosse, où la victime devait se rendre d’urgence. Pour échapper aux espions qui l’attendent en bas de chez lui, Richard invente d’improbables histoires de fesses, de toute façon plus crédibles et plus alléchantes que le récit du guet-apens politique dans lequel il est tombé.
Hitchcock mène son récit avec la même fourberie, toujours prompt à rire sous cape de ses propres plaisanteries, grivoises ou loufoques, sous couvert d’une histoire d’espionnage. C’est d’ailleurs sur le tournage des Trente-Neuf Marches que Hitchcock et son scénariste inventèrent la célèbre notion de « MacGuffin », ce nom tarte désignant l’intrigue-prétexte d’un film à tiroirs. Un rien amuse le cinéaste : une petite démonstration de dessous féminins dans le compartiment d’un train, une bible qui sert de gilet pare-balles, un troupeau de moutons aux allures de flics, des menottes aphrodisiaques… C’est léger, sans prétention.




Ciné CLEP : la programmation 2017 – 2018

Les films sont projetés à 20h15 au Théâtre à Moustaches

1bis place Saint Jacques à Compiègne

Ils sont précédés dune présentation et suivis d’un débat

Entrée 4€

Mercredi 20 septembre 2017

Les 39 Marches D’Albert Hitchcock

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Mercredi 18 Octobre 2017 : 

LOIN DES HOMMES de David Oelhoffen

Mercredi 15 Novembre 2017  : 

L’HOMME DE LA PLAINE d’Anthony Mann

Mercredi 20 Décembre 2017 : 

L’AVENTURE INTÉRIEURE de Joe Dante

Mercredi 17 Janvier 2018 :

VOYAGE EN ITALIE de Roberto Rosselini

Mercredi 21 Février 2018 :

VERA DRAKE de Mike Leigh

Mercredi 14 Mars 2018

CADET D’EAU DOUCE  avec Buster Keaton

Mercredi 18 Avril 2018 :

LES MOISSONS DU CIEL de Terrence Malick

Mercredi 16 Mai 2018 :

ASSURANCE SUR LA MORT de Billy Wilder

Mercredi 13 Juin 2018 :

LA SCANDALEUSE DE BERLIN de Billy Wilder




Ciné CLEP : French CANCAN

18464434Mercredi 7 juin 2017 à 20h15

Au théâtre à Moustaches

1bis Place Saint Jacques – Compiègne

Réalisé par Jean RENOIR (1954)

Avec :

Jean Gabin, Dora Doll, Jacques Jouanneau, Françoise Arnoul, Giani Esposito, Jean-Roger Caussimon, Philippe Clay, Michel Piccoli, Valentine Tessier

Synopsis

La danseuse Lola de Castro, dite la Belle Abbesse, partage ses faveurs entre Danglard, le propriétaire du «Paravent chinois», et Walter, le généreux commanditaire du cabaret. A la suite d’une altercation, provoquée par l’intérêt que Danglard porte à Nini, une jeune lavandière, Walter retire ses capitaux de l’affaire. Ruiné, Danglard ne se décourage pas pour autant. Il imagine de remettre à la mode une ancienne danse, le cancan, pour l’occasion rebaptisée «French Cancan», et de la créer dans son nouvel établissement, le Moulin Rouge. Pour renforcer sa troupe de danseuses, il engage Nini, qui devient sa maîtresse. Lola fait un scandale…

Critique

Par Jacques Morice (Télérama)

La Belle Époque, à Montmartre. Henri Danglard dirige un cabaret où le Tout-Paris vient admirer Lola de Castro, sa maîtresse. Il remarque Nini, une petite blanchisseuse, et veut faire d’elle une reine du cancan. Mais Lola le prend très mal…

Que de fraîcheur ! Renoir fête en beauté son retour après quinze années d’exil. Exubérante, frénétique, gorgée de couleurs éclatantes, cette peinture inspirée de la vie du fondateur du Moulin-Rouge est un magnifique hommage au spectacle populaire. Dans ce monde homogène et clos, dominé par la figure de Danglard, double possible de Renoir, chacun travaille de tout son coeur. Tous ceux qui viennent de l’extérieur et qui préfèrent leur bonheur individuel sont sacrifiés. Mieux vaut profiter de la vie comme d’un jeu cruel et joyeux, tel pourrait être le credo de ce film sensuel, où Françoise Arnoul, charnelle et boudeuse, fait tourner bien des têtes. Le final, explosif et époustouflant, avec vingt-quatre danseuses, est d’autant plus saisissant que la caméra, elle, bouge à peine.




Ciné CLEP : Le Roman d’un Tricheur

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Mercredi 10 mai 2017

à 20h15

au Théâtre a Moustaches

1bis Place St Jacques

Compiègne

Entrée 4€

Réalisé par Sacha Guitry (1936)

Durée 85 mn

Avec Sacha Guitry (le tricheur) , Marguerite Moreno (la comtesse) , Jacqueline Delubac (Henriette)

Synopsis

A la terrasse d’un café, un homme d’âge mûr ouvre un cahier d’écolier pour y écrire ses mémoires. Il est né le 25 avril 1880. A 12 ans, il est privé de champignons au dîner pour avoir volé huit sous à ses parents, les épiciers du village. Une grâce insigne du destin, puisque toute sa famille meurt, empoisonnée par les champignons. L’enfant apprend ainsi qu’une mauvaise action peut parfois sauver la vie. Spolié de son héritage par maître Morlot, le notaire qui l’a recueilli, il s’émancipe en devenant groom d’hôtel et met immédiatement à profit son expérience. Il devient bientôt le roi de la tricherie, de la tromperie et des combines…

Critique

Par Jacques Siclier (Télérama)

Film de Sacha Guitry (France, 1936). Image : Marcel Lucien. Musique : Adolphe Borchard. 80 mn. NB. Avec Sacha Guitry : le tricheur. Serge Grave : le tricheur à 12 ans. Pierre Assy : le tricheur jeune homme. Jacqueline Delubac : Henriette. Genre : comédie satirique. Un homme d’un certain âge rédige ses Mémoires. A 12 ans, pour une bêtise, il fut privé des champignons servis au dîner. Or, la famille mourut empoisonnée par le mets. Le garçon allait devenir, par un savoureux concours de circonstances, groom d’hôtel, croupier de casino, tricheur professionnel. En 1935, Sacha Guitry venait d’écrire Mémoires d’un tricheur. Au lieu de dé­couper son livre en scènes dialoguées, il eut l’idée de se servir du texte, écrit à la première personne, comme d’un commentaire d’images de films qui viendraient simplement à l’appui des mots. Ainsi naquit ce film, une des oeuvres majeures du cinéma français des années 30. Il surprit, par son originalité, les adversaires du « théâtre filmé ». Guitry s’imposait comme cinéaste, avec un « roman filmé », toujours raconté au présent, selon le seul point de vue de l’auteur. Les personnages n’ont pas besoin de parler. Ils n’existent que par lui. Une seule fois, le cinéaste interrompt son récit pour une scène dialoguée : l’apparition de Marguerite Moreno en comtesse excentrique à la terrasse du café. Le sketch est d’un humour étourdissant. L’histoire, ironique, est un éloge de la malhonnêteté. De nombreuses idées de mise en scène montrent l’intérêt réel que l’auteur portait au langage du cinéma



Ciné Clep : Tel père tel fils

Mercredi 5 avril 2017 à 20h15

au Théâtre à Moustaches

1bis place du Change – Compiègne

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Réalisé par Hirokazu Kore-Eda (2013)

Durée 120 mn

Nationalité : japonais

Avec Masaharu Fukuyama (Ryota Nonomiya) , Machiko Ono (Midori Nonomiya) , Yôko Maki (Yukari Saiki)

 

 

Synopsis

Ryota Nonomiya, un brillant architecte, bourreau de travail, tient absolument à ce que son jeune fils de 6 ans, Keita, apprenne le piano, la compétition, la dureté de la vie, et intègre la meilleure école privée de la ville. Il laisse à son épouse, Midori, le soin quotidien de l’enfant. Leur univers est ébranlé lorsque l’administration de la maternité où Keita est né leur apprend qu’il y a eu échange d’enfants à la naissance. Ils rencontrent leur fils biologique, Ryusei, et ses parents, des gens simples et aimants, qui déplaisent à Ryota. Les deux familles doivent faire face à un choix impossible. Ryota croit, lui, dur comme fer, à la voix du sang…

Critique

Par Samuel Douhaire (Télérama)

Genre : naissance d’un père.

Deux bébés ont été intervertis à la maternité. Les familles, l’une riche et un peu coincée, l’autre modeste et bohème, l’apprennent six ans après… De ce postulat, Etienne Chatiliez avait tiré une comé­die satirique bon enfant, La vie est un long fleuve tranquille. Le Japonais Hirokazu Kore-eda chronique, lui, les conséquen­ces psychologiques d’une telle révélation avec une grande douceur. Y compris dans les scènes de conflit et de séparation.

L’auteur de Nobody knows reste un grand cinéaste de l’enfance, toujours habile à montrer l’incompréhension douloureuse sur le visage de ses jeunes comédiens. Mais ce que le film raconte avant tout, c’est la naissance d’un père. Ryota, architecte surbooké, pousse son jeune fils à l’excellence. Quand il apprend que le petit Keita n’est pas son enfant biologique, il semble presque soulagé : un bambin aussi doux ne pouvait être de son sang… Mais il se révèle tout aussi démuni face à la chair de sa chair : ce gosse effronté, mécontent de devoir changer de papa, résiste sans trembler aux exigences de son géniteur. Avec sensibilité, Kore-eda rappelle que le sentiment de paternité relève moins de l’inné que de l’acquis. Au contact de l’autre famille, Ryota l’égoïste découvre une autre manière de vivre avec son enfant : plus désordonnée, mais plus à l’écoute. On ne devient pas père tout seul, telle pourrait être la morale de cette fable délicate.




Ciné Clep : La Bataille de Solférino

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La bataille de Solférino

Mercredi 15 mars 2017 à 20h15

au Théâtre à Moustaches

1bis Place Saint-Jacques – Compiègne

 

Comédie dramatique

Réalisé par Justine Triet (2013)

Avec Laetitia Dosch (Laetitia), Maxime Schneider, Aurélien Bellanger .

Synopsis

Lætitia, journaliste de télévision, doit couvrir la journée présidentielle du 6 mai 2012 dans la rue de Solférino, siège du Parti socialiste, où sont rassemblés en masse les militants. Pour garder ses deux filles, elle recourt aux services d’une baby-sitter. C’est alors qu’elle reçoit un coup de téléphone de son ancien compagnon, Vincent, qui exige d’exercer son droit de visite sans délai. Mais Vincent est un violent, et Lætitia ne veut pas qu’il approche les enfants. La jeune femme jongle ainsi entre son travail et ses problèmes familiaux, tentant d’assurer les directs tout en protégeant ses filles. Les événements finissent par s’emmêler…

Critique

Par Jacques Morice (Télérama)

Des cris d’enfants, persistants. Dans ce brouhaha infernal, une femme s’agite. Lætitia tente de calmer ses filles, répond au téléphone à son ex-compagnon — Vincent, un allumé, tout juste sorti de l’hôpital psychiatrique, qui veut absolument voir les enfants. Elle donne des consignes au baby-sitter, vide sa garde-robe avant de trouver une tenue convenable. Retard, gros stress : elle est journaliste télé et s’apprête à couvrir rue de Solférino le deuxième tour de l’élection présidentielle, en ce 6 mai 2012.

Tension, excitation, hystérie, exultation : c’est un cinéma exacerbé et risqué, blackboulant tout formatage, que nous livre la réalisatrice Justine Triet, nouvelle venue issue des Beaux-Arts. Nous voilà plongés dans une sorte de chaudron humain où bouillonnent et s’agrègent fiction et réalité documentaire. On retrouve vite Lætitia, micro en main, au milieu de la foule massée devant le siège du parti socialiste. Elle livre ses infos en direct, tout en continuant à gérer tant bien que mal ses problèmes avec son ex.

Dans cette bataille effrénée, tout autant collective que conjugale, politique qu’individuelle, difficile de séparer nettement ce qui est « sensé » de ce qui est « anormal » — « c’est fou » est d’ailleurs une expression répétée plusieurs fois. Le père a l’air un peu dingue, mais il surprend aussi par son pragmatisme, sa capacité à défendre ses droits de père. Tandis que Laetitia, incapable d’anticiper, fait parfois le contraire de ce qu’elle préconise. La politique là-dedans ? Guère plus rassurante, tant elle est réduite à des question d’image, de spectacle, de rituels absurdes.

C’est à la fois vivant et mordant. Plein de discorde, de hargne et d’amour bizarrement exprimé. Le film offre un reflet assez juste de notre époque agressive et anxiogène, où chacun est en permanence au bord du pétage de plombs. Avec, heureusement — c’est sa part optimiste sans être béate —, des moments de cessez-le-feu joyeux, à défaut de paix sûre.




Ciné Clep : Sur la piste des Mohawks

Mercredi 8 Février 2017

20h15

Au théâtre à Moustaches

1 bis place St. Jacques  – Compiègne

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En version originale sous-titrée en français

Entrée 4€

Un film de John Ford (1932)

Avec : Claudette Colbert (Lana Martin)  et Henry Fonda (Gilbert Martin)

Synopsis

En 1766, en pleine guerre d’Indépendance, Gil Martin et sa jeune épouse, Lana, s’installent à Mohawk Valley, en Nouvelle-Angleterre. Courageusement, le couple fait face aux difficultés de sa nouvelle existence. Hélas, les Indiens brûlent leur maison et leurs récoltes, les obligeant à fuir. Une veuve les engage comme valet de ferme et couturière. Lana devient mère. Mais les Indiens, alliés aux royalistes, reprennent leurs raids meurtriers. Le premier assaut est repoussé. Le second tourne à l’avantage des envahisseurs…

La critique de John Mallory (23 mars 2006)

Ce film est à la limite du genre, puisqu’il se déroule en 1776, en pleine guerre d’Indépendance. Cependant, on y retrouve des thèmes chers au western avec la notion de Frontière et la conquête des territoires de l’Ouest par les colons et leur lutte contre les Indiens. Ces colons sont harcelés par des indiens Mohawks qui servent sous les ordres des soldats anglais commandés par un John Carradine en méchant pitoresque, portant une cape noire et un bandeau à l’oeil.

Ce film est le premier de John Ford dans lequel il utilisa la couleur. Le maître préférait l’utilisation du noir et blanc, mais il a su dès le début utiliser magistralement le Technicolor pour renforcer la beauté de ses films. A cet égard, la poursuite finale entre Henry Fonda et un groupe d’Indiens est vraiment sublime et mérite largement le détour. Avec cette scène, s’annonce les futurs autres grandes scènes où les personnages évoluent dans un décors grandiose (le plus souvent Monument Valley) et qui seront la marque de fabrique du réalisateur dans la construction de cet Ouest légendaire.

Ford retrace ici la naissance de la nation américaine, basée sur le courage et l’esprit de communauté. Pas de grand voyage dans ce film, l’action se déroulant dans une petite vallée, entre les habitations des colons et le fort où tous les personnages se retrouveront réunis à la fin, lors du siège par les Indiens.
Un film vraiment magnifique.